L’histoire de Nintendo est longue et riche. Le constructeur a toujours su judicieusement naviguer entre technique, originalité, et plaisir de jouer. Et en terme de console portable, Nintendo n’en est pas à son coup d’essai ! En effet, c’est lui-même qui lance sur le marché les fameux Game & Watch dès 1980. Puis, toujours lui qui enfonce le clou quelques années plus tard avec la GameBoy. S’ensuit toute une déclinaison de ce qui deviendra la console référence en terme de portabilité… jusqu’à la Nintendo DS.

Les choix de Nintendo en terme de portabilité se sont toujours tournés vers un faible encombrement, et une grande autonomie, que ce soit avec la GameBoy (14 à 35h d’autonomie avec 4 piles AA) ou la DS lite (15 à 19h en faible luminosité), souvent au détriment de la technologie.

Mais les temps changent…

Et Nintendo semble avoir opéré un virage à 180°… explications…

 

La famille DS

 

La famille DS au grand complet
La famille DS au grand complet

 

La 3DS est la petite dernière d’une grande fratrie. En effet, 3DS a 4 soeurs : DS, DS lite, DSi et DSi XL. DS et ses soeurs ont toutes en commun 2 écrans LCD, dont l’un (celui du bas) est tactile. Jusqu’ici, tout va bien.

Mais revenons quelques mois en arrière… Nous sommes en juin 2010, malgré les 4 déclinaisons de la console, la DS est en fin de vie. Nintendo cherche un moyen de la relancer, et c’est décidé, profitant du marketing assommant des constructeurs TV, ce sera la 3D !

3D + DS = 3DS

 

Le nom est tout trouvé ! Ce sera donc la 3DS ! La révolution technologique est en marche !

 

La 3DS
La 3DS

 

Ainsi, Nintendo a fait le choix de la 3D. Or, qui dit 3D, dit puissance de calcul. Tous les joueurs PC le savent. La solution nVidia « 3D Vision » en est un parfait exemple. Pour jouer à un jeu en 3D, il faut s’équiper d’une carte graphique haut de gamme. Pourquoi ? L’explication est simple. Pour voir en 3D, le cerveau a besoin de 2 images (dans la vie réelle, l’image envoyée par l’œil droit diffère de celle envoyée par l’œil gauche). Il en va de même lorsque l’on joue. Quelque soit la technologie choisie (active, passive, etc.), le principe reste le même : Il faut envoyer une image différente à l’œil droit et à l’œil gauche. D’où la difficulté, le jeu doit générer 2 fois plus d’images !! La puissance de calcul demandée est donc doublée.

Mais revenons à notre 3DS. Elle utilise une technologie 3D passive (i.e. sans lunettes). Lorsque la 3D est activée, la console génère alors 2 images (les 2 images sont entrelacées dans l’écran du haut, qui est le seul à être en 3D, ce qui divise sa résolution horizontale par 2, de fait), et demande donc le double de puissance de calcul à son processeur graphique. Évidemment, cela a des répercussions : le composant consomme davantage !

Nous nous sommes donc intéressés à cette consommation. Et comme la 3DS possède une molette d’activation de la 3D, nous avons comparés la consommation d’un jeu 3DS en 2D,au même jeu 3DS en 3D. Les résultats parlent d’eux même…

 

Molette d'activation de la 3D
Molette d’activation de la 3D

3DS vs 3DS

 

Pour ce test, nous avons échantillonné 5 jeux : Street Fighter IV 3D, PilotWings 3D, Dinosaures 3D, Rayman 3D et PES 2011 3D.

 

Les jeux testés
Les jeux testés

 

Tout d’abord, nous avons relevé pour chaque jeu la consommation en 2D, puis en 3D.

 

Consommation 2D/3D
Consommation 2D/3D

 

On constate aisément la surconsommation due à la 3D. Elle est de l’ordre de 39,2% en moyenne ! Autre enseignement de ce test, la molette 3D n’a qu’un effet binaire sur la consommation, soit la 3D est active, soit elle ne l’est pas. A partir du moment où elle est activée, la consommation est la même, la molette ne servant qu’a écarter les 2 images générées alors par la console afin d’ajuster à la distance entre vos yeux et l’écran.

A noter que ce test a été effectué avec les réglages par défaut de la console : Luminosité max. et mode économique désactivé.

C’est donc dans ce même réglage que nous avons procédé à un test d’autonomie, sur Street Fighter IV 3D.

 

Autonomie 3DS
Autonomie 3DS

 

Résultat : La console ne tient pas 3h. 2h59min exactement. C’est peu pour une console portable… Et de surcroit pour une console portable Nintendo.

En s’appuyant sur la consommation moyenne d’un jeu 3D, il nous a même été possible de suivre la tension de la batterie avec précision, en lui faisant débiter un courant constant de 400mA.

 

Tension de la batterie en fonction du temps
Tension de la batterie en fonction du temps

 

En considérant une coupure à 3V, on arrive à une durée de 2h40min. Cela signifie que pendant 2h40min, la batterie est capable de délivrer une tension supérieure à 3V. Sous cette tension, la 3DS étant susceptible de se couper.

Devant si peu d’autonomie, il devient tentant de toucher aux réglages. Ainsi, nous avons effectué une nouvelle batterie de test avec différents réglages de la console.

 

Consommation selon les réglages
Consommation selon les réglages

 

La  barre en vert indiquant la consommation 3D en mode par défaut, on constate instantanément la baisse de consommation inhérente à nos réglages ! Jusqu’à 32% de consommation en moins si l’on choisit de passer en mode économique et en luminosité 4.

A noter que si la baisse du réglage de la luminosité est constante, le passage en mode économique baisse la luminosité de manière dynamique, et cela dépend donc fortement du jeu auquel vous jouez, et de votre situation en jeu. Néanmoins, une simple baisse de la luminosité provoque une nette baisse de la consommation (de 479mA à 378mA, soit 21%), et ce, tout en gardant le mode économique désactivé.

Le gain est d’autant plus intéressant si vous choisissez de vous passer de la fonction 3D, comme le montre l’histogramme ci-dessous :

 

Consommation selon réglages en 2D et 3D
Consommation selon réglages en 2D et 3D

 

En reprenant notre exemple précédent, si l’on choisit de baisser la luminosité et de passer en mode économique, le passage en 2D provoque une baisse de 42% de la consommation !! De même, une simple baisse de la luminosité en 2D, baisse la consommation de 36% !

Ces tests nous ont permis de constater une hausse spectaculaire de la consommation dès lors que la 3D était active. Néanmoins, nous avons vu qu’il était possible de faire baisser cette consommation en jouant sur les réglages de le console. Notamment en passant la luminosité à 4.

Alors, certes, il est avéré que la nouvelle console de Nintendo consomme énormément en mode 3D. Mais il serait également intéressant de savoir ce qu’elle consomme avec les anciens jeux DS, voire même ce qu’elle consomme par rapport à ces illustres grandes soeurs…

Et bien, suivez le guide…

 

3DS vs DS

 

Pour ce test, nous avons rassemblé toutes les DS existantes : DS, DS lite, DSi, DSi XL et 3DS donc. Nous avons mesuré la luminosité et la consommation de chaque DS avec le jeu Professeur Layton et la boîte de Pandore. De plus, lorsque c’était possible, nous avons effectué 2 mesures différentes selon le réglage de la luminosité (sauf pour la DS lite et la DS).

 

Consommation et Luminosité selon la DS
Consommation et Luminosité selon la DS

 

Le constat est assez limpide, la 3DS reste gourmande ! En effet, à luminosité max. elle est de toutes façons celle qui consomme le plus. Et ce, devant la DSi qui possède pourtant une plus forte luminosité (à luminosité max.).

Néanmoins, en baissant la luminosité d’un cran (à 4 donc), on arrive à une consommation proche d’une DSi XL, d’une DSi ou d’une DS lite à pleine luminosité. Ces consoles possédant toutes des batteries de plus faibles capacités (respectivement 1050mAh, 840mAh et 1000mAh, contre 1300mAh pour la 3DS), on peut raisonnablement penser que son autonomie sera plus longue que ces mêmes consoles, ce qui est plutôt une bonne chose !

 

Conclusion

 

Le choix de Nintendo de s’orienter vers la 3D pour sa console portable semble en effet surprenant. La marque ne nous avait pas habitué à des innovations techniques de ce genre, jusqu’ici Nintendo avait plutôt choisi le contre-pied technique avec des innovations originales et dans le sens du jeu.  Devant ce revirement de stratégie, il semble normal de s’interroger.

Outre la controverse concernant le réel intérêt d’un jeu 3D sur une console portable, ou sur les désagréments de la 3D sur notre cerveau, il n’est ici question que de consommation.

En effet, la 3D, ça consomme. Ce n’est pas une nouveauté. Alors, on est en droit de se poser la question de la compatibilité entre la 3D et la portabilité. Or, il est quand même assez stupéfiant de constater que la petite dernière de Nintendo est aussi celle qui a le moins d’autonomie ! 3h. Et puis c’est tout. Passez votre chemin braves gens, il n’y a (plus) rien à voir. La console s’éteint.

Le principe d’une console portable est tout de même, en premier lieu, la portabilité. Et pour pouvoir la porter, il faut de l’autonomie, et c’est justement ce qu’il manque à la 3DS… de l’autonomie.

Alors, certes, nous avons pu constater qu’avec des jeux DS, la 3DS retrouvait une consommation modérée, et donc une autonomie décente. Mais à quoi bon acheter une 3DS pour jouer à des jeux DS ? Surtout vu son prix.

C’est bien

 

  • La prouesse technologique, ça marche, et ça marche plutôt bien !
  • La logithèque déjà conséquente
  • La molette 3D (qui permet entre autres de désactiver la 3D)
  • Le mode économique qui semble diminuer sensiblement la consommation

 

C’est pas bien

 

  • L’autonomie en mode 3D, beaucoup trop juste pour une console portable
  • La directivité de l’écran, inhérent à la technologie 3D choisie (impossible de regarder quelqu’un jouer en 3D)
  • Les boutons Select, Home et Start, peu accessibles et peu sensibles
  • L’interêt de la 3D reste à prouver (jouer à Street Fighter IV en vue 3/4 n’apporte absolument rien)
  • Le prix, celui d’une console de salon

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